Réglementation 6 min de lecture
SSIAP 1, 2 et 3 : quelles différences entre les trois niveaux ?
Agent, chef d'équipe, chef de service : ce que recouvrent les trois niveaux SSIAP et l'obligation de recyclage, d'après l'arrêté du 2 mai 2005.
SSIAP signifie « service de sécurité incendie et d’assistance à personnes ». Derrière ce sigle, trois niveaux de qualification, définis par l’arrêté du 2 mai 2005, qui ne recouvrent pas les mêmes missions. Savoir ce que fait un SSIAP 1, un SSIAP 2 et un SSIAP 3 est utile à tout exploitant d’établissement recevant du public : c’est ce qui détermine qui fait quoi dans votre service de sécurité incendie.
Ce que le sigle recouvre
Le personnel des services de sécurité incendie des établissements recevant du public (ERP) et des immeubles de grande hauteur (IGH) exerce des missions définies par l’arrêté du 2 mai 2005, relatif aux missions, à l’emploi et à la qualification de ce personnel. Ce texte distingue trois niveaux : agent (SSIAP 1), chef d’équipe (SSIAP 2), chef de service (SSIAP 3).
Ces niveaux ne sont pas des grades honorifiques : chacun correspond à une liste de missions, et c’est en fonction de ces missions qu’un établissement organise son service.
SSIAP 1 : l’agent de sécurité incendie
L’article 2 de l’arrêté confie au SSIAP 1 les missions suivantes :
- la prévention des incendies ;
- la sensibilisation des employés en matière de sécurité contre l’incendie et d’assistance à personnes ;
- l’entretien élémentaire des moyens concourant à la sécurité incendie ;
- l’alerte et l’accueil des secours ;
- l’évacuation du public ;
- l’intervention précoce face aux incendies ;
- l’assistance à personnes ;
- l’exploitation du PC de sécurité incendie.
C’est le niveau que l’on croise le plus souvent sur le terrain : rondes de prévention, vérification des issues et des moyens de secours, tenue du poste de sécurité, première intervention et accueil des sapeurs-pompiers.
SSIAP 2 : le chef d’équipe
Le même article confie au SSIAP 2 :
- le respect de l’hygiène et de la sécurité du travail dans ses aspects de sécurité incendie ;
- le management de l’équipe de sécurité ;
- la formation du personnel en matière de sécurité contre l’incendie ;
- la prévision technique ;
- l’entretien élémentaire des moyens ;
- l’assistance à personnes ;
- la direction du poste de sécurité lors des sinistres.
Le chef d’équipe encadre donc les agents, organise leur travail et forme le personnel de l’établissement. En situation de sinistre, c’est lui qui dirige le poste de sécurité, jusqu’à l’arrivée et sous la conduite des secours publics.
SSIAP 3 : le chef de service
Au niveau 3, l’arrêté prévoit :
- le management du service de sécurité ;
- le conseil du chef d’établissement en matière de sécurité incendie ;
- l’assistance à personnes ;
- le suivi des obligations de contrôle et d’entretien.
Le chef de service se situe à l’articulation entre l’exploitant et la sécurité incendie : il conseille la direction, pilote le service et assure le suivi des contrôles et de l’entretien réglementaires. C’est une fonction de responsabilité, tournée vers l’organisation et la conformité de l’établissement.
Une qualification qui s’entretient
Un diplôme SSIAP ne vaut pas à vie. L’article 7 de l’arrêté du 2 mai 2005 prévoit un recyclage triennal du personnel, ainsi qu’une remise à niveau lorsque l’activité a été interrompue pendant plus de trente-six mois. Le maintien des compétences en secourisme fait partie des exigences.
Pour un exploitant, cela a une conséquence simple : demander les qualifications, c’est aussi demander qu’elles soient à jour. Un diplôme ancien, sans recyclage, ne suffit pas.
Comment ces niveaux s’articulent dans un établissement
Le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP (arrêté du 25 juin 1980) prévoit que les établissements sont surveillés, pendant la présence du public, par un service de sécurité incendie (article MS 45). La composition de ce service dépend du type, de la catégorie et des caractéristiques de l’établissement (article MS 46) : personnes désignées par l’exploitant et entraînées à la manœuvre des moyens de secours, agents de sécurité incendie qualifiés, sapeurs-pompiers, ou combinaison de ces possibilités.
Lorsque le service repose sur des agents de sécurité incendie, l’article MS 46 prévoit un effectif d’au moins trois personnes présentes simultanément, dont un chef d’équipe. C’est là que la distinction entre les niveaux prend tout son sens : une équipe n’est pas seulement un nombre d’agents, c’est aussi un encadrement.
Le détail de ce qui s’applique à votre établissement dépend de son type et de sa catégorie, et se lit dans les dispositions particulières du règlement de sécurité ainsi que dans l’avis de la commission de sécurité compétente. Cet article ne s’y substitue pas.
SSIAP et agent de sécurité : deux métiers distincts
La confusion est fréquente. Un agent de sécurité (surveillance, gardiennage, contrôle d’accès) et un agent de sécurité incendie n’exercent pas la même activité et ne répondent pas aux mêmes exigences. Le premier relève de la réglementation des activités privées de sécurité ; le second exerce les missions de sécurité incendie définies par l’arrêté du 2 mai 2005 au sein du service de sécurité de l’établissement.
Une même personne peut détenir les deux qualifications, mais elle ne peut pas être comptée deux fois : un agent affecté au poste de sécurité incendie n’est pas, au même moment, en train d’assurer le contrôle d’accès d’une manifestation. C’est l’une des erreurs les plus courantes dans l’organisation d’un événement dans un établissement recevant du public.
Les questions à poser à un prestataire
Avant de confier la sécurité incendie de votre établissement :
- Quels niveaux seront présents, et à quels moments de la journée ?
- Les recyclages sont-ils à jour, et pouvez-vous en obtenir la justification ?
- Qui dirige le poste de sécurité en cas de sinistre, et qui le remplace en son absence ?
- Comment s’articulent les missions de sécurité incendie et les autres missions de sécurité sur le site ?
- Que prévoit la dernière visite de la commission de sécurité pour votre établissement ?
Ces questions ne sont pas des formalités : ce sont elles qui déterminent si votre service tient la nuit d’une alarme réelle.
En pratique
Si vous exploitez un établissement recevant du public à Bordeaux ou en Gironde, trois questions valent d’être posées avant tout : quelles qualifications sont réellement détenues par les personnes présentes, sont-elles à jour de leur recyclage, et l’encadrement prévu par le règlement est-il assuré.
Nos agents de sécurité incendie interviennent aux niveaux SSIAP 1, SSIAP 2 et SSIAP 3. Décrivez-nous votre établissement (type, catégorie, horaires d’ouverture) et nous vous indiquerons ce que nous pouvons mettre en place.

